T

V

K

Recherche

Avalanche

Depuis 2012, au sein du groupe de recherche AVALANCHE, les agences d’architecture et d’urbanisme TVK et Anyoji - Beltrando mènent une recherche commune à travers une série d’entretiens auprès d’experts mondiaux et de protagonistes du processus de transition urbaine.
www.avalanche.paris

De 2000 à 2030, le nombre mondial de citadins sera passé de 3 à 5 milliards. Les villes rassembleront alors 60% d’une population mondiale de 8 milliards d’âmes, elle-même en forte augmentation. Surtout, la superficie urbaine aura triplé. Cet état des rythmes du développement urbain sur une trentaine d’années révèle la puissance des forces en marche, qui feront de l’urbanisation du monde l’un des faits majeurs du XXIe siècle. Sur cette planète à l’heure urbaine, c’est dans ce lien entre systèmes urbains et environnement que se joue l’une des questions les plus cruciales du futur de l’humanité. A la fois vulnérables et efficientes, les formations urbaines devront conduire les adaptations, rendre soutenable le peuplement massif de la planète, se transformer au gré d’un changement climatique manifeste mais encore insaisissable.

Chocs Environnementaux - Stratégies Chiliennes
Au Chili, une condition géographique extrême met en relation la réalité urbaine et ses modèles socio-économiques à une transformation majeure, donnant des aperçus intéressants sur l’émergence de nouvelles manières de penser les stratégies de mutation urbaine.
L’exploration du contexte chilien se fait dans une démarche de rencontre et d’entretien avec plusieurs témoins de cette transformation en cours, permettant de collecter une série de témoignages sur des épisodes clé, emblématiques de la nouvelle relation qui se structure entre des conditions urbaines extrêmes et les chocs environnementaux qui les ont touchés. Ces témoignages portent sur les enjeux émergents de planification urbaine, ils sont parfois divergents ou controversés mais ils montrent tous les manières dont on pourra imaginer le futur de la ville au Chili.

“Future will be about moving backwords, to simple things and not towards complicatedness. We’ll need to move towards things that are irreducible, that can’t get simpler…”
Alejandro Aravena
Interview mars 2014

“We’ve experimented a totally new process for decision taking in spatial issues; a process in which everybody could find it’s own interest.”
Rodrigo Araya
Interview mars 2014

“Getting to know how local communities work and function can make us understand the major role the may play in the near future.”
Jorge Heitmann
Interview mars 2014

Chocs environnementaux - Episodes
Trois archétypes urbains, trois géographies extrêmes, qui font face à des défis environnementaux majeurs

Chaitén, 42° 55′ 00″ Sud 72° 42′ 00″ Ouest, Région des lacs
Un village de pécheurs, isolé entre mer et montagne, à proximité d’un volcan en activité
Constitución, 35° 20′ 00″ Sud 72° 25′ 00″ Ouest, Région du Maule
Une ville spécialisée dans l’industrie forestière, située le long d’une cote sauvage touchée par les tsunamis  
Calama, 22° 28′ 00″ Sud 68° 56′ 00″ Ouest,  Région d’Antofagasta
L’une des plus grandes villes industrielles liée à l’extraction du cuivre, située dans le désert le plus aride et poussiéreux du monde

Chaitén

Constitución

Calama

Récits d’effondrements et narrations urbaines
À l’aune de la modernité et à l’heure où les rythmes effrénés de la construction imposent désormais l’urbanisation comme la forme prédominante des établissements humains, des récits populaires continuent plus que jamais d’annoncer les fléaux et l’effondrement des formations urbaines. Le cinéma autant que la littérature et les séries télévisées forment un corpus d’œuvres narratives qui explorent ou anticipent le risque, la menace ou la catastrophe au sein de la ville contemporaine, aujourd’hui majoritairement en lien avec des déterminismes environnementaux.

Grand Paris

Les études Habiter le Grand Paris et Systèmes Métropolitains du Grand Paris conduites au sein de l'AIGP, éclaircissent et précisent le regard prospectif porté sur la phase actuelle de la métropolisation. Elles esquissent de nouveaux outils pour orienter cette transition. Aujourd'hui l'écart paradoxal entre ambitions planifiées et capacités opératoires (l'objectif du SDRIF 2013 est de construire 70 000 logements/an alors que l'on n'en construit que 30 000) ou encore l'autonomisation néfaste des objectifs de différentes politiques sectorielles, nous parlent d'une distance, qui s’accroît progressivement, entre la pensée inopérante de l'urbanisme des pouvoirs publics et les transformations fluides et incontrôlées qui se mettent en place dans les territoires.

La spécificité de la métropole semble résider davantage dans des conditions intermédiaires, ou d'intermédiation, que dans la multiplication de centres que la pensée aménagiste voudrait éparpiller dans l’agglomération comme solution passe-partout. Habiter les systèmes métropolitains signifie en fait combiner les échelles, conjuguer les modes de mobilité, promouvoir de nouveaux types de vie collective et des nouveaux dispositifs morphologiques. Il s'agira alors de comprendre par quels outils mettre le récit officiel en phase avec ces transitions discrètes et comment celles-ci peuvent faire de la métropolisation une transformation contextuelle. Plus que par un nouveau plan, figé aujourd'hui pour 2040, le récit de la métropole, avec tous ses aléas, ses incertitudes et ses ambitions latentes, demande à être imaginé comme une scénarisation : multi-actorielle, ouverte et rétroactive, qui permette d'orienter collectivement les prochaines épisodes du Grand Paris.

No Limit

L’étude prospective de l’insertion urbaine du boulevard périphérique, réalisée pour la Ville de Paris et la Région Ile-de-France, a permis de dégager une vision d’ensemble et contribue au changement de référentiel puisque le grand anneau n’est plus perçu comme une frontière : c’est un élément clé dans le panorama des situations urbaines qui caractérisent le centre de la métropole. Le Périphérique a 40 ans et reste toujours un objet mal connu. Seize territoires structurent « la ville du Périphérique » en autant de séquences intercommunales. L’identité de chaque séquence est marquée par des dysfonctionnements réels mais aussi par des potentialités fortes. La pression des nuisances ne doit pas occulter la diversité des ressources. Ces voies métropolitaines sont des vecteurs de continuité urbaine : elles représentent des courants d’échanges variés, actuels et possibles.

La méthode adoptée pour cette étude est à la fois thématique et territoriale. Dans la première phase, quatre grands thèmes ont été abordés : d’abord les représentations ou le regard porté sur le périphérique, ensuite la mobilité et les transports, puis la relation entre le périphérique et la métropole, enfin les programmes, la densité et l’environnement. Parallèlement, les études et les projets réalisés ont été recensés et mis en perspective. Enfin, un diagnostic de la « vie riveraine » a été établi pour clarifier les perceptions du périphérique et de ses abords.  Dans la deuxième phase, six sites ont été sélectionnés pour proposer des stratégies de transformation. Ces scénarios urbains relèvent d’une démarche exploratoire. Avancer des solutions innovantes permet d’ouvrir des pistes de changement et d’élargir la réflexion avec les partenaires d’un urbanisme concerté.

Un livre, No Limit, Etude d’insertion urbaine du boulevard périphérique de Paris, édité par le Pavillon de l’Arsenal en 2008, présente la synthèse de cette démarche.

La ville du périphérique

La ville du périphérique – Tomato Architectes (Flore Baudelot, Yannick Beltrando, Toma Damisch, Marie Degos, Martin Etienne, Nicolas Fonty, Rainer Härtlein, Joachim Lepastier, Carine Merlino, Julie Michaud, Alexandre Thériot, Pierre Alain Trévelo, Antoine Viger-Kohler).

Entre l'agglomération parisienne d'aujourd'hui et celle de 1900, l'avènement du boulevard périphérique et des autoroutes, quelque temps après la destruction du dernier rempart, apparait comme la transformation urbaine la plus marquante. Le boulevard périphérique est un objet au départ étranger à la ville. Pourtant, il s'affirme comme l’expression la plus claire de la structure profonde de Paris : en lui donnant une existence matérielle, le périphérique réaffirme le cercle comme l'éternelle définition de Paris. Le périphérique suit la limite administrative entre un centre et des banlieues, mais, paradoxalement, la perception qu'il donne du territoire semble effacer cette situation : en voiture, le périphérique n'apparait pas comme la séparation entre deux rives distinctes; il suggère plutôt une entité que la vision parvient à rendre consistante et homogène.

De part et d'autre, le paysage semble se tourner vers l'infrastructure. Le périphérique apparait alors comme le liant presque unique d'une partie de la métropole qui de plus en plus affiche un développement spécifique. Ainsi il existe une «ville» particulière entre Paris et Ia banlieue, et qui n'est ni l'une ni l'autre. Cette ville est la « Ville du périphérique ». La Ville du périphérique n'est pas issue d'un projet. Elle s'est pourtant développée autour d'une infrastructure qui fut l'objet d'un projet d'ensemble sur la limite parisienne. Elle fonctionne comme une superposition de logiques et de stratégies parfois contradictoires. Les relations y sont souvent conflictuelles : Ia juxtaposition de l'échelle locale (celle du séjour) et de l'échelle globale (celle du déplacement et de Ia délocalisation) peut créer des frictions douloureuses pour Ia ville et ses habitants. La Ville du périphérique n'est pas univoque.

UP